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Le pionnier de la fable au Gabon est sans conteste Monseigneur Jean-Jérôme Adam,qui est considéré comme le traducteur de la littérature orale du Gabon. Il est auteur de deux recueils sur les fables : Proverbes, devinettes et fables Mbédé et Fables et Proverbes du, Haut- Ogooué. Parmi ses fables célèbres, on peut citer : « La première femme », « L’homme aux trois femmes », « L’homme à l’œil », « Les deux chefs de village », « La botte de feuille », « La panthère qui simule la mort.» et « La famille », (sous- titrée : Le fils du rat qui renia son père). Dans cette fable, on peut lire cette morale : « Ne renie pas ton père parce qu’il est petit : si tu as un palabre, c’est lui qui le finit. ». La fable de Monseigneur Jean-Jérôme Adam est généralement l’évocation et la transposition des traditions, des mœurs et des coutumes des ethnies Ambédés et Mindoumous du HautOgooué. La passion pour la fable gagnera ensuite les nationaux gabonais, dont Pierre Akendengué, Haubam Bidzo, Ndouna Dépeneaud, Moïse Nkoghe-Mvé, Jean-Claude Quentin, etc. Pierre Akendengué est auteur de deux fables célèbres : « Nandipo » et « Oma Ayiya ». Dans la fable « Oma Ayiya », on peut lire Mon camarade Eziwo « l’antilope cochon » le matinal, A coutume de faire pipi aux aurores. On en a conclu que personne d’autre que lui N’a pu faire caca très tôt ce matin Sur la place publique. C’en est fait de sa renommée Et on l’accuse et on l’accuse [...] Il y a des noirs; Il y a des clairs, À chacun son étoile Et toi pauvre Nkambi, Naguère entouré Tu te retrouves sans un seul ami La poésie véritable apparaît vers la fin des années 50 et après les indépendances. La génération qui anime ce genre dans les années 50 et quelques années après l’indépendance est composée de Georges Damas Aléka, auteur de l’hymne national du Gabon, « La Concorde » (poème chanté), Henri Walker- Deemin, auteur du recueil Poèmes de France publié en 1963, etc. La décennie 1970 révèle une nouvelle génération de poètes au Gabon. Celle-ci va dominer la scène littéraire gabonaise, à partir de 1974. De 1974 à 1979, de jeunes poètes se font connaître comme Edgar Moundjégou, Okoumba- Nkoghé, Georges Rawiri, Ruffin Koumba-Koumba et bien d’autres. La poésie gabonaise des années 1974 à 1979 est construite autour de l’idée de l’engagement et celle de la désillusion. Le héraut de cette forme de poésie est sans conteste Edgar Moudjégou dont les textes et la portée idéologique seront rendus sonores par la voix de Pierre Akendengué qui saura adapter en musique les poèmes de son camarade de lycée. Cette poésie se construit autour de la défense des valeurs de la liberté. La désillusion inscrite dans cette poésie rejoint celle dont font écho les textes romanesques négro-africains des années 1970 avec le bilan désastreux des chefs africains sur lesquels on comptait pour construire une Afrique forte et enviable. La poésie d’Edgard Moundjégou (ou Magang-Ma- Mbuju-Wisi) va reprendre l’une des thématiques ayant dominé l’écriture de l’essai au Gabon entre les années 1944 et 1970 ; à savoir l’Afrique : Afrique mère me voici nostalgique surpris par les premiers chants du coq et jaloux de ma dernière nuit creusé dans la pierre des totems je les ai pliés parmi mes bagages tous nos adieux hier épars sur le couvercle des saisons sur la croûte des continents sur la cendre des âges de mon âge d’initié les battements de mon coeur à l’instant solennel tombent en cataractes par- dessus l’épaule de ma révolte en-bras de chemise partir et aimer une terre pillée partir et oublier la transe des mouchoirs à la ronde des brises matinales partir et enjamber avec regret un rythme de tam-tam moi esclave d’hier moi cible d’aujourd’hui moi homme libre de demain j’attends avant de te quitter encore mère ce qui n’a pas été l’aube humide baignée des rosées de la liberté. A cette forme de poésie aux relents révolutionnaires et nostalgiques, Georges Rawiri oppose un autre discours poétique. Sa poésie chante et célèbre la grandeur et la beauté de la culture gabonaise. Elle invite à la communion des valeurs culturelles nationales des peuples du Gabon à travers le thème de l’Unité nationale. Dans son recueil au titre évocateur, Chants du Gabon, on retrouve chez le poète cette volonté de célébration de la culture de son pays : Ô masque Bakota, tes profondes orbites Regardent le présent, masque au teint effacé, Qui a su résister au temps comme aux termites, Impassible témoin d’une ère dépassée. Ton air grave, ton front haut et puissant abritent L’ombre mystérieuse où survit ta pensée, Tu es le livre clos où dorment les vieux rites, Et tu veilles sur nous, austère et compassé. Tu es l’ancêtre aimé, le symbole suprême De toute une famille aujourd’hui dispersée, Mais que chaque saison autour de toi ramène. Tu es l’élan vital, par les dieux dispensé, Le messager lointain d’une histoire africaine Dont le présent jamais n’oubliera le passé. Avec la poésie d’Okournba- Nkoghé, le vers chante et célèbre l’amour et la nostalgie d’un fils loin de sa terre natale. D’autres poètes suivront, surtout la génération des années 1980 et 1990 avec Pierre Odounga Pépé, Janvier Nguema Mboumba, Eric-Joël Békalé, Anges-François Ratanga-Atoz, Joseph Bill Mamboungou. Cette génération de poètes de la fin du siècle dernier est suivie d’une autre génération qui ouvre le nouveau millénaire avec Ferdinand Allogho-Oke, Lucie Mba et Gustave Bongo. Les deux dernières générations de poètes gabonais n’inaugurent pas de thématique nouvelle, sauf chez Allogho-Oke, dans Vitriol Bantu. On retrouve généralement chez ces derniers les thématiques déjà présentes dans la poésie gabonaise depuis son avènement au début des années 1960 avec Poèmes de France d’Henri Walker-Deemin.
A. PECILE, dans ses notes de route, répartit les tribus de I’Ogooué et du Congo en trois groupes : - Obamba ; celles qui sont arrivées récemment [entre 1850 et 18801: Bacalé, Pahouins, Saké, Okanda et - celles qui sont là depuis longtemps : Batéké, Aduma, Awumbo (Bawumbu), Ondumbo (Min- dumu), Mboko, Mbochi ; - celles qui sont venues ensemble de l’est : Bapfuru et Bandzabi. Il remarque également de nombreux traits de la vie quotidienne qu’on retrouve encore aujourd’hui : village en rue, types de poteries, installation du métier à tisser le raphia sous l’auvent de la case, types d’armes, etc. L’organisation sociale semble tout aussi « anarchique » que maintenant avec de petits lignages bien séparés et très peu de chefs influents. Si on fait un bilan rapide de ces six mois de tournée, on voit que J. de BRAZZA et PECILE ont reconnu les rivières suivantes : Ogooué, Sébé, Lébolo, Lébango, Lékoli (Likouaka), Ambili (Mambili), A. PECILE, dans ses notes de route, répartit les tribus de I’Ogooué et du Congo en trois groupes : - Obamba ; celles qui sont arrivées récemment [entre 1850 et 18801: Bacalé, Pahouins, Saké, Okanda et - celles qui sont là depuis longtemps : Batéké, Aduma, Awumbo (Bawumbu), Ondumbo (Min- dumu), Mboko, Mbochi ; - celles qui sont venues ensemble de l’est : Bapfuru et Bandzabi. Il remarque également de nombreux traits de la vie quotidienne qu’on retrouve encore aujourd’hui : village en rue, types de poteries, installation du métier à tisser le raphia sous l’auvent de la case, types d’armes, etc. L’organisation sociale semble tout aussi « anarchique » que maintenant avec de petits lignages bien séparés et très peu de chefs influents. Si on fait un bilan rapide de ces six mois de tournée, on voit que J. de BRAZZA et PECILE ont reconnu les rivières suivantes : Ogooué, Sébé, Lébolo, Lébango, Lékoli (Likouaka), Ambili (Mambili),
Contrairement à d’autres mythologies africaines maintenant bien connues, la mythologie kota n’est pas très riche, du moins en récits symboliques élaborés. Il n’y a pas à notre connaissance de mythe de création. Les informateurs restent toujours très vagues au sujet de la création du monde et des hommes. Un être divin, jamais nommé ni prié aurait créé le monde tel que nous le voyons aujourd’hui avec une nature redoutable peuplée d’animaux, de monstres surnaturels et un premier homme, un premier chef de lignage appelé Zambé. Zambé est l’être primordial qui est à l’origine de tous les comportements humains bons ou mauvais, sans qu’il soit « créateur » de quoi que ce soit. II est le premier homme digne de ce nom, c’est-à-dire l’an- cêtre premier, le géniteur de tous les rameaux kota. C’est lui qui a découvert les techniques de la survie puis de la vie dans la grande forêt, techniques de chasse, de pêche, de cueillette puis de culture, de cons- truction, etc. ; enfin, c’est le grand Initiateur, dépositaire le plus anciennement connu des secrets rituels. Les hommes d’aujourd’hui se réfèrent constamment aux actions multiples de Zambé pour justifier, expli- quer ou condamner ce qui se fait dans le monde des hommes vivants. Ainsi il n’y a pas une histoire de Zambé, un mythe unique et cohérent, mais plusieurs dizaines d-historiettes rituellement moralisatrices racontant dans le détail une des circonstances de la vie du héros. On y retrouve tous les grands thèmes de l’humanité traditionnelle : le fils prodigue, le père trop sévère et injuste, l’incestueux, l’orgueilleux, la femme adultère, la fille ne voulant pas se marier, etc. Ces contes font une grande part au merveilleux et au surnaturel, les limites entre le monde des morts et des esprits et celui des vivants n’étant pas très définies, pas plus que les frontières entre le monde humain et le monde de la nature (animaux qui parlent et agissent, végétaux ensorcelés, éléments naturels personnalisés). Zambc’ est d’abord le seul humain ; il trouvera des femmes par des procédés magiques de transformation de certains animaux ou végétaux (1).
L’origine des hommes actuels remonte à Zambé, l’ancêtre primordial, de deux façons différentes suivant les clans : <
- Zambé créé tout seul dans une nature inhumaine, parvient à trouver d’abord une, puis plusieurs femmes dont il a des enfants qui par une relation incestueuse de demi-frère à demi-sœur iront fonder d’autres villages. Certains enfants ne voulant commettre l’inceste arrivent par des moyens magiques à trouver un partenaire, soit un animal mythique soit une plante ou un objet doué de qualités surnaturelles. La polyandrie est même pratiquée (la femme aux sept vagins qui doit trouver sept maris). - Zambé est quelquefois évoqué comme un couple de jumeaux primordiaux : Zambé-a-tmda (Zambé d’en haut ou Zambé de l’amont de la rivière) et Zambé-a-ntsé (Zambé d’en bas ou Zambé de l’aval de la rivière) (1). Ces deux frères, le plus souvent ennemis ou tout au moins rivaux, ont chacun des femmes puis de nombreux enfants qui se marient entre eux (de lignage à lignage) pour fonder progressivement tout le groupe kota. L’apparition des femmes est souvent très imprécise, leur création en tant qu’être humain n’étant pas plus évoquée que la création des animaux. La femme n’est alors que le réceptacle de la semence de l’homme, elle n’est qu’un intermédiaire. C’est seulement quand elle s’apercevra que son rôle est essen- tiel qu’elle prendra cette importance rituelle qui aujourd’hui encore est tout à fait sensible. Le monde des hommes, s’il se retrouve en résumé dans la notion de Zambé, le héros civilisateur kota, n’est pas réduit à un seul être engendrant absolument tous les autres. La mythologie kota évoque toujours un monde entièrement créé avec des villages (assez peu mais dont le nombre correspond étrange- ment à l’environnement connu actuel), des activités courantes et des préoccupations morales et religieuses analogues aux croyances et comportements actuels. On constate, ainsi, des contradictions entre les diffé- rents clans, les uns se ralliant à la thèse de l’ancêtre géniteur unique (ou plutôt au symbole du géniteur unique), d’autres à celle d’une multitude de Zambé différents (représentés schématiquement par les deux Zambé, de l’amont et de l’aval), le héros n’étant en réalité qu’une représentation du premier ancêtre du clan retombé depuis longtemps dans l’oubli. A l’étude de détail des textes kota, on a fortement l’impression que le conteur (qui, bien entendu a appris la trame de ses histoires) projette dans un passé mythique (2) toute la vie réelle et actuelle du groupe afin de la sublimer et finalement de pouvoir psychologiquement l’assumer Le mythe n’est donc pas un élément de connaissance mais un moyen d’expression, une sorte de code secret servant à supporter certains actes religieux importants, et surtout une philosophie des comportements.
((COMMENT METSADJI-~METSADJI RENCONTRA LES BLANCS ET CE Q~'ILEN ADVINT»
[raconté par Mme MAMBOKOU Marie, dialecte ikota, Mékambo (3).]
CC Zumbé ayant déjà engendré de nombreux enfants engendra un garçon du nom de Metsadji-Metsadji (4) autrement dit le M galeux ». Zzmbé l’ayant pris en aversion à cause de son mal, le chassa du village et de sa famille. Le malheureux enfant refusait toujours de partir voulant rester avec les siens, sachant bien que tout seul en brousse il mourrait. Zamb6 en eut assez et un jour l’attrapa, l’injuria et le battit méchamment (5).
L’enfant ulceré demanda à sa mère de lui préparer une provision de manioc : « Mère, prépare-moi du manioc ; pile, pile la farine et donne-moi de quoi me nourrir pendant mon voyage car je m’en vais de ce village, chassé par mon père ! N. Alors il partit loin, très loin. 11 dormit en brousse sous les arbres, puis marcha toute la journée et ainsi de suite pen- dant plusieurs jours. Un matin, en se réveillant, il trouva une pointe d’éléphant près de lui. 11 la prit, l’amarra dans ses affaires en se disant que cela pourrait toujours servir et poursuivit sa route jusqu’à une grande rivière. Arrivé au bord de l’eau, il se trouva fatigué et se coucha sur le sable pour dormir. Soudain, il fut réveillé par un bruit venant de la rivière, un bruit cadencé de pagaies sur l’eau. Il vit alors que t’étaient des hommes blancs qui allaient sur la rivière dans une pirogue. L’ayant vu sur la berge, les hommes blancs s’arrêtèrent de pagayer, s’approchèrent du bord et lui demandèrent :
(( Enfant, que fais-tu là tout seul ? - Ma famille m’a chassé du village, tous les hommes me chassent, alors je suis parti en brousse loin de tous, pour mourir !
Les hommes blancs reprirent :
- Pourquoi es-tu parti de chez toi la colère au cœur, pourquoi les tiens t’ont-ils chassé ? Ne te laisse donc pas mourir mais reste plutôt avec nous !
Puis voyant la pointe d’éléphant dans les affaires de l’enfant :
- Qu’as-tu donc là dans tes affaires, en dessous ? Donne-le nous, nous te l’échangerons contre autre chose )).
Metsaa’ji-Metsua’ji sortit alors la défense d’éléphant et la donna aux hommes blancs. Ceux-ci en échange lui donnèrent un savon pour guérir la gale. Aussitôt il s’en frotta le corps, frotta frotta, frotta si bien que toute sa peau redevint saine en un instant. II partit ensuite avec les blancs et devint riche. Alors il engagea des manœuvres qui l’aidèrent à construire un beau vil- lage. Il prit beaucoup d’épouses et devint riche. Aussi ce nouveau village étant le plus propre, le plus riche et le plus actif du pays, toute la parenté de Metsadji-Metsadji vint résider à ses côtés, les oncles, les cousins, les frères petits et grands. Le jeune chef de village dit alors : c Allez donc chercher notre vieux pére pour qu’il vienne me visiter dans ce village )). Prévenu par la renommée grandissante de ce nouveau chef, Zanzbé accepta de venir voir Metsadji-Metsadji, sans se rappeler que c’était son propre fils, l’enfant qu’il avait chassé autrefois. Zanzbé étant arrivé au village, le fils tua des cabris et des poules en signe de bienvenue et offrit même une de ses épou- ses pour la nuit. Zazzzbk, très flatté et heureux de l’accueil de celui qu’il prenait pour un simple ami, accepta cet honneur et coucha avec la femme. Plus tard, c’est Metsadji-Metsadji qui vint en visite chez son père. Celui-ci l’accueillit très bien et tua de nombreux cabris, poules et moutons en signe de réjouissance. Alors, avant de repartir chez lui, Metsadji-Metsaa’ji demanda la convocation du conseil des sages du clan. Tous les vieillards étant réunis il raconta sa longue histoire et se découvrit à son père. Zanzbé écouta comme les autres et reconnut le fils qu’il avait autrefois chassé. Il en fut tout honteux d’autant plus que lors de sa visite au village de ce qu’il croyait être un simple ami, il avait forniqué avec l’une de ses propres belles-filles. Zanzbé dit alors :
(( Reste au pays, mon fils, moi je dois disparaître et mourir puisque je me suis couvert de honte à ton égard J).
Metsadji-Metsadjî, après que Zambé se fut retiré dans sa case et couché pour mourir, retourna dans son village avec l’approbation de tous les sages du clan 1).
11
Le pays kota se trouve principalement au Gabon, dans l’est de la République, avec quelques zones de débordement sur le Congo-Brazzaville. 11 est plus ou moins en forme de champignon, la plus grande région d’extension se trouvant au nord d’okondja entre Booué et Mékambo. Il représente environ 72 000 km’ pour 480 km du nord au sud et 360 km d’ouest en est, soit environ le quart de la superficie du Gabon. L’aspect physique du pays kota est tout à fait homogène. Le relief est constitué par un vaste plateau d’altitude moyenne (300 à 600 m) surplombant la haute vallée de 1’Ogooué et appuyé vers l’Est sur des « montagnes » un peu plus élevées (1 000 m). Par endroits, quelques mamelons dominent les collines. le massif ferrugineux de Boka-Boka près de l&kambo (900 m) et le mont Ngouadi au centre du plateau (700 m ?). Le paysage se présente comme un foisonnement très serré de cours d’eau. Ceux-ci dépendent tous du bassin de 1’Ogooué qui borde le plateau au sud-ouest cela par l’intermédiaire, au nord, de l’lvindo et au sud de la Sébé. Le cours supérieur de 1’Ogooué est coupé de nombreux rapides et de chutes (chutes Poubara et Machogo) au passage du plateau à la moyenne vallée. La Sébé couvre un bassin étendu avec un cours sinueux au fond d’un ancien lac. APERÇUS PHYSIQUES DE L’EST DU GABON Le pays kota se trouve principalement au Gabon, dans l’est de la République, avec quelques zones de débordement sur le Congo-Brazzaville. 11 est plus ou moins en forme de champignon, la plus grande région d’extension se trouvant au nord d’okondja entre Booué et Mékambo. Il représente environ 72 000 km’ pour 480 km du nord au sud et 360 km d’ouest en est, soit environ le quart de la superficie du Gabon. L’aspect physique du pays kota est tout à fait homogène. Le relief est constitué par un vaste plateau d’altitude moyenne (300 à 600 m) surplombant la haute vallée de 1’Ogooué et appuyé vers l’Est sur des « montagnes » un peu plus élevées (1 000 m). Par endroits, quelques mamelons dominent les collines. le massif ferrugineux de Boka-Boka près de l&kambo (900 m) et le mont Ngouadi au centre du plateau (700 m ?). Le paysage se présente comme un foisonnement très serré de cours d’eau. Ceux-ci dépendent tous du bassin de 1’Ogooué qui borde le plateau au sud-ouest cela par l’intermédiaire, au nord, de l’lvindo et au sud de la Sébé. Le cours supérieur de 1’Ogooué est coupé de nombreux rapides et de chutes (chutes Poubara et Machogo) au passage du plateau à la moyenne vallée. La Sébé couvre un bassin étendu avec un cours sinueux au fond d’un ancien lac. L’lvindo (570 km) après un cours supérieur coupé de rapides devient sinueux également pour se jeter dans I’Ogooué en amont de Booué après plusieurs chutes importantes sur le rebord du plateau. Ses affluents gauches, Djouah, Djaddié, Liboumba, Mounianghi, drainent tout le nord du pays kota. Leurs nombreuses ramifications forment des zones marécageuses dans les bas-fonds. L’ensemble de la région est recouvert par la forêt dense de type équatorial qui couvre même les mamelons les plus élevés. On a ainsi une impression renforcée de monotonie. La forêt vierge (avec des arbres de 40 à 60 m de haut) ne se trouve plus que dans les zones à l’écart, en dehors des axes de peuplement. Ailleurs domine la forêt secondaire un peu moins haute mais plus touffue. Le climat également de type équatorial est très humide avec une double alternance des saisons sèches et pluvieuses. Du nord au sud on peut toutefois distinguer deux micro-climats : au nord, un climat rela- tivement moins humide (pluviométrie 1 600 mm) avec plus de 200 jours de pluie par an ; au sud, un climat plus humide (1 800 mm) avec une saison sèche plus marquée (100 à 140 jours de pluie par an). Ainsi, la région de Mékambo est-elle caractérisée en juin-juillet par de longues journées de crachin avec un fort brouillard matinal et une courte période entièrement sèche (août) ; celle de Franceville, par une forte saison des pluies suivie d’une longue saison sèche (mai-septembre). 11 ne semble pas toutefois que ces particularités régionales, pas plus que le relief ou la végétation aient une importance quelconque sur la mise en place des populations. C’est plutôt le réseau hydrographi- que qui est à considérer car il constitue dans ce pays inhospitalier couvert de forêts impénétrables, des axes de circulation privilégiés. A ce point de vue I’Ogooué, I’Ivindo et la Sébé ont été les voies de pénétra- tion du pays kota. 1
Gabon : La poésie gabonaise, naissance, évolution, tendances actuelles
Publié le
Chantal Magalie Mbazoo-Kassa | Analyse
Lire hors-ligne :
La littérature gabonaise relativement jeune. Ses premiers textes poétiques datent de 1967, notamment Concepts gabonais et Dialectique gabonaise de Paul-Vin cent Pounah. Sa première fiction, His toire un enfant trouvé, voit le jour en 1971. Quant au théâtre, il a sa pre mière illustration en 1981, avec La mort de Guykafi de Vincent de Paul Nyonda. La nouvelle et l’essai litté raire n’apparaîtront qu’en 1999, avec France Afrique et parfait silence: essai sur les enjeux africains de la .francophonie de Auguste Moussirou Mouyama et Enfant des masques de
Ludovic Emane Obiang . Depuis lors, d’autres poètes, romanciers,
drama turges et essayistes se sont affirmés aux côtés de ces pi°’1niers
si bien qu’à ce jour, on dénombre une cinquantaine de recueils de
poèmes, une vingtaine de romans, cinq pièces théâtrales, deux essais et
un recueil de nouvel les. Une production littéraire quantitativement
modeste mais d’une va leur thématique, stylistique et idéolo gique
avérée, mais qui gagnerait à sor tir du silence. Au regard de ce qui
pré cède, nous voyons une prédominance de l’expression poétique. On peut
dis tinguer trois grands moments dans la poésie Gabonaise :
1°) De 1967 à 1970, C’est la poésie de l’assimilation. Elle est le fruit
des premiers étudiants gabonais expérimentant la théorie de la
bi-culturation. Loin des préoccupations idéologiques liées à la
colonisation, elle choisit le terrain de l’échange, du métissage
culturel et de la valorisation du pou voir colonial. Paul-Vincent Pounah
propose Concepts gabonais et Dialec tique gabonaise (1967),
tandis que Walker Deemin présente les poèmes de France (1965).
Incarnation de « l’élève- modèle », les textes cités sont la
reproduction fidèle de l’art poéti que de Boileau. Cette attitude peut
trouver sa justification dans l’ascen dance de la figure du colonisateur
et dans les relations franco-gabonaises de l’époque. Comme le dit
l’histoire, le Gabon, comme beaucoup d’autres colonies sous tutelle
française, vivait en bonne intelligence avec la métro pole. C’est un
secret de polichinelle que le premier président gabonais, Léon Mba,
avait opté pour la départementalisation du Gabon, refu sant
l’indépendance. Francophile et fier de l’être, plus proche de Paris que
de Brazzaville selon San Marco dans Le colonisateur colonisé,
« il voulait bâtir un Gabon français ». Malheu reusement pour lui, c’est
la France qui lui imposa l’indépendance du pays. Ce détour historique.
pourrait donc expli quer la tendance de l’époque à imiter, parfois
servilement, le style des écri vains de ce pays censés montrer l’exemple
et pour s’en montrer digne.
2°) De 1970 à 1990: C’est la poésie de la contemplation, d’une part.
Cette période est surtout représentative des réalités du mini – terroir.
On y lit une tendance visible dans l’affirmation du noir, du gabonais
dans son espace. C’est ce que Joseph-Bill Mamboungou et Georges Rawiri
nous donnent dans L ‘harmonie de la forêt (1975) et Les chants du Gabon (1975). Moïse Nkoghe-Nvé (père de l’écrivain Okoumba-Nkoghe) rédige Les fables et poèmes choisis (1975), Okoumba Nkoghe fait paraître Rhône-ogooué(1980).
Poésie dite de la contingence, selon Papa samba Diop, elle traite de la
condition de l’homme « en situa tion ». En cela, elle est
essentiellement descriptive et lyrique: l’idéalisation de la tradition,
la vénération des objets ou rituels ancestraux tels que les mas ques,
les danses, les religions tradi tionnelles, la célébration de la beauté
de la femme, de la mère, du village, etc.
Par la suite apparaît une autre ten dance, celle de la dissimulation,
d’autre part. C’est le besoin, de façon timide certes, de faire
l’autopsie de la société. Ainsi naît une poésie ayant une thé matique
particulière: le silence. Le chef de file de ce mouvement poéti que est
Pierre- Edgar Moujegou, cé lèbre parolier du chanteur gabonais Pierre
Claver Akendengué, avec Le Crépuscule des silences(1975)... Je suis venu cultiver d’autres chants parmi les morts… Mission inachevée Des poètes itinérants chantant La gloire lointaine de nos combat tants Histoire fermée comme un poing Ma révolte pressoir des jours tris tes.. .
Ce recueil est suivi de Ainsi parlaient les anciens (1987).
Mais comment s’exprimer dans un environnement coercitif ? Des lois non
écrites inter disent la liberté d’expression, en cette période de
monopartisme. On se con tente donc du clair-obscur. C’est le cas de Rêves de l’aube (1975) de feu Ndouna Depenaud, de Soleil captif (1982) de Diata Duma, de L’homme perdu (1983) de Ondo Obiang Biyoa, de Voyage au cur de la plèbe (1986) de Quentin Ben Mongaryas ou de Okoumba-Nkhogue Le Soleil élargit la misère, Paroles vives écorchées (1980), les Sens du silence (1980) de Léon Ivanga, Milang Missi (Les cho ses de la terre) de Bivegue Bi Azi (1990), etc.
De 1990 à 2004 :
C’est la période de la dénonciation. Elle va jeter le masque à partir de
1990, date importante en Afrique subsaharienne en ce qu’elle représente
pour plusieurs pays le passage du monopartisme au multipartisme. Et
cette ouverture politique va favoriser une poésie d’un autre ton,
autrement dit plus offensive dans le traitement des sujets, qu’ils
soient sociaux ou politiques. C’est le cas D’Ombre et de silences (1992) de Janvier Nguema Mboumba, suivi de Dzibe (qui
signi fie obs~’Jfité dans la langue de l’auteur) traduisant l’opacité
de l’horizon pour les populations gabonaises. C’est le titre évocateur, Vitriol Bantu (2001) de Ferdinand Ollogo Oke, qui illustre le mieux cette contestation ouverte, avec notamment :
Ma poésie… C’est le lourd pilon qui cogne Les calvities des grands et des petits baobabs C’est la moustache mobile d’une sou ris synthétique Qui rit les lèvres absentes… Qui veut pénétrer ma poésie N’a qu’à croire à la force des mots… Car seul le mot peut faire D ‘une maison une prison D’une prison une aubaine D’une aubaine une peine D’une peine un sourire D’un sourire un tombeau D’un tombeau un château D’un château un mégot D’un mégot un manchot D ‘un manchot un simple Poteau d’exécution Des Bonheurs Retardés.
Nous ne manquerons pas de mention ner le titre aux accents d’antiphrase ironique, Patrimoine (2002)
de Lucie Mba, fille de feu Léon Mba, premier président du Gabon, qui
promène un pinceau acéré dans la société gabo naise avec ces deux
extraits :
Réplique: … Quand une société par insouciance Se coupe des plus faibles de ses maillons Se détourne de la solidarité A -t-on touché le fond ?
Et Petit Paris Petit-Paris a pleuré en cette nuit moirée martelée par des cris stridents d’hommes et de femmes abasourdis … des enfants lapés par des lames de feu se consument au fond d’un puits de flammes… Des pompiers arrivés bien tard Manque de carburant? Peur des far ceurs ? … Défoncent, arrachent, scient Portes et fenêtres pour extirper De cette fournaise l’amas de corps Calcinés, carbonisés. lacérés de Asafa, Abou, Moussa, Dada et Aïcha … Pendant ce temps… L ‘élection de Miss Gabon De Miss Malaïka et autres Nourrissent les esprits.
C’est dire le niveau d’engagement at teint par la poésie gabonaise dans
l’ex pression du vécu quotidien des popu lations. Car si la poésie est
cette at tention, cette précaution accordée au langage, elle n’en
demeure pas moins fille de la société. C’est en cela que, comme le
philosophe, le poète, le romancier, le dramaturge, bref l’écrivain en
général peut s’attacher à modeler son monde, à influencer favorablement
la société, notamment la jeunesse au regard de son versant éducatif, à
conseiller objectivement les Princes, grâce à son pouvoir d’introduction
dans les consciences et de sensibilisation des intelligences.
Toutefois, il reste des écueils :
– D’abord la question de son décryptage dans une Afrique globalement
analphabète, sachant que la langue de communication demeure le français.
Ecrire en langues nationales devient donc une nécessité ;
– Ensuite la capacité d’exportation, car le monde se totalise et notre
poésie a besoin de repousser de plus en plus les frontières nationales.
Ici se formule le problème de l’universalité ou de l’africanité des
thèmes abordés dans nos textes poétiques ;
– Enfin il y a le coût à la fois de fabrication et de vente des
ouvrages poétiques. Genre élitiste à l’origine, la poésie a besoin
aujourd’hui de parler pour une meilleure intelligence de ses
subtilités. Il y a donc lieu de développer des associations, des
réseaux, afin d’intéresser les jeunes générations à ce genre littéraire
en perte d’intérêt. C’est finalement la question de survie de la poésie
africaine, notre âme. C’est la préservation de notre identité, de notre
africanité, jusque dans l’écriture même de nos textes. Cette vigilance
est fondamentale car même en utilisant les mots de France, nous pouvons
traduire nos préoccupations de manière africaine. Léon Laleau nous met
en garde à ce sujet : D’Europe, sentez-vous cette souffrance Et ce désespoir à nul autre égal D’apprivoiser avec les mots de France Ce cur qui m’est venu du Sénégal ?
Cf. Trahison.
Gabon : La poésie gabonaise, naissance, évolution, tendances actuelles
Publié le
Chantal Magalie Mbazoo-Kassa | Analyse
Lire hors-ligne :
La littérature gabonaise relativement jeune. Ses premiers textes poétiques datent de 1967, notamment Concepts gabonais et Dialectique gabonaise de Paul-Vin cent Pounah. Sa première fiction, His toire un enfant trouvé, voit le jour en 1971. Quant au théâtre, il a sa pre mière illustration en 1981, avec La mort de Guykafi de Vincent de Paul Nyonda. La nouvelle et l’essai litté raire n’apparaîtront qu’en 1999, avec France Afrique et parfait silence: essai sur les enjeux africains de la .francophonie de Auguste Moussirou Mouyama et Enfant des masques de
Ludovic Emane Obiang . Depuis lors, d’autres poètes, romanciers,
drama turges et essayistes se sont affirmés aux côtés de ces pi°’1niers
si bien qu’à ce jour, on dénombre une cinquantaine de recueils de
poèmes, une vingtaine de romans, cinq pièces théâtrales, deux essais et
un recueil de nouvel les. Une production littéraire quantitativement
modeste mais d’une va leur thématique, stylistique et idéolo gique
avérée, mais qui gagnerait à sor tir du silence. Au regard de ce qui
pré cède, nous voyons une prédominance de l’expression poétique. On peut
dis tinguer trois grands moments dans la poésie Gabonaise :
1°) De 1967 à 1970, C’est la poésie de l’assimilation. Elle est le fruit
des premiers étudiants gabonais expérimentant la théorie de la
bi-culturation. Loin des préoccupations idéologiques liées à la
colonisation, elle choisit le terrain de l’échange, du métissage
culturel et de la valorisation du pou voir colonial. Paul-Vincent Pounah
propose Concepts gabonais et Dialec tique gabonaise (1967),
tandis que Walker Deemin présente les poèmes de France (1965).
Incarnation de « l’élève- modèle », les textes cités sont la
reproduction fidèle de l’art poéti que de Boileau. Cette attitude peut
trouver sa justification dans l’ascen dance de la figure du colonisateur
et dans les relations franco-gabonaises de l’époque. Comme le dit
l’histoire, le Gabon, comme beaucoup d’autres colonies sous tutelle
française, vivait en bonne intelligence avec la métro pole. C’est un
secret de polichinelle que le premier président gabonais, Léon Mba,
avait opté pour la départementalisation du Gabon, refu sant
l’indépendance. Francophile et fier de l’être, plus proche de Paris que
de Brazzaville selon San Marco dans Le colonisateur colonisé,
« il voulait bâtir un Gabon français ». Malheu reusement pour lui, c’est
la France qui lui imposa l’indépendance du pays. Ce détour historique.
pourrait donc expli quer la tendance de l’époque à imiter, parfois
servilement, le style des écri vains de ce pays censés montrer l’exemple
et pour s’en montrer digne.
2°) De 1970 à 1990: C’est la poésie de la contemplation, d’une part.
Cette période est surtout représentative des réalités du mini – terroir.
On y lit une tendance visible dans l’affirmation du noir, du gabonais
dans son espace. C’est ce que Joseph-Bill Mamboungou et Georges Rawiri
nous donnent dans L ‘harmonie de la forêt (1975) et Les chants du Gabon (1975). Moïse Nkoghe-Nvé (père de l’écrivain Okoumba-Nkoghe) rédige Les fables et poèmes choisis (1975), Okoumba Nkoghe fait paraître Rhône-ogooué(1980).
Poésie dite de la contingence, selon Papa samba Diop, elle traite de la
condition de l’homme « en situa tion ». En cela, elle est
essentiellement descriptive et lyrique: l’idéalisation de la tradition,
la vénération des objets ou rituels ancestraux tels que les mas ques,
les danses, les religions tradi tionnelles, la célébration de la beauté
de la femme, de la mère, du village, etc.
Par la suite apparaît une autre ten dance, celle de la dissimulation,
d’autre part. C’est le besoin, de façon timide certes, de faire
l’autopsie de la société. Ainsi naît une poésie ayant une thé matique
particulière: le silence. Le chef de file de ce mouvement poéti que est
Pierre- Edgar Moujegou, cé lèbre parolier du chanteur gabonais Pierre
Claver Akendengué, avec Le Crépuscule des silences(1975)... Je suis venu cultiver d’autres chants parmi les morts… Mission inachevée Des poètes itinérants chantant La gloire lointaine de nos combat tants Histoire fermée comme un poing Ma révolte pressoir des jours tris tes.. .
Ce recueil est suivi de Ainsi parlaient les anciens (1987).
Mais comment s’exprimer dans un environnement coercitif ? Des lois non
écrites inter disent la liberté d’expression, en cette période de
monopartisme. On se con tente donc du clair-obscur. C’est le cas de Rêves de l’aube (1975) de feu Ndouna Depenaud, de Soleil captif (1982) de Diata Duma, de L’homme perdu (1983) de Ondo Obiang Biyoa, de Voyage au cur de la plèbe (1986) de Quentin Ben Mongaryas ou de Okoumba-Nkhogue Le Soleil élargit la misère, Paroles vives écorchées (1980), les Sens du silence (1980) de Léon Ivanga, Milang Missi (Les cho ses de la terre) de Bivegue Bi Azi (1990), etc.
De 1990 à 2004 :
C’est la période de la dénonciation. Elle va jeter le masque à partir de
1990, date importante en Afrique subsaharienne en ce qu’elle représente
pour plusieurs pays le passage du monopartisme au multipartisme. Et
cette ouverture politique va favoriser une poésie d’un autre ton,
autrement dit plus offensive dans le traitement des sujets, qu’ils
soient sociaux ou politiques. C’est le cas D’Ombre et de silences (1992) de Janvier Nguema Mboumba, suivi de Dzibe (qui
signi fie obs~’Jfité dans la langue de l’auteur) traduisant l’opacité
de l’horizon pour les populations gabonaises. C’est le titre évocateur, Vitriol Bantu (2001) de Ferdinand Ollogo Oke, qui illustre le mieux cette contestation ouverte, avec notamment :
Ma poésie… C’est le lourd pilon qui cogne Les calvities des grands et des petits baobabs C’est la moustache mobile d’une sou ris synthétique Qui rit les lèvres absentes… Qui veut pénétrer ma poésie N’a qu’à croire à la force des mots… Car seul le mot peut faire D ‘une maison une prison D’une prison une aubaine D’une aubaine une peine D’une peine un sourire D’un sourire un tombeau D’un tombeau un château D’un château un mégot D’un mégot un manchot D ‘un manchot un simple Poteau d’exécution Des Bonheurs Retardés.
Nous ne manquerons pas de mention ner le titre aux accents d’antiphrase ironique, Patrimoine (2002)
de Lucie Mba, fille de feu Léon Mba, premier président du Gabon, qui
promène un pinceau acéré dans la société gabo naise avec ces deux
extraits :
Réplique: … Quand une société par insouciance Se coupe des plus faibles de ses maillons Se détourne de la solidarité A -t-on touché le fond ?
Et Petit Paris Petit-Paris a pleuré en cette nuit moirée martelée par des cris stridents d’hommes et de femmes abasourdis … des enfants lapés par des lames de feu se consument au fond d’un puits de flammes… Des pompiers arrivés bien tard Manque de carburant? Peur des far ceurs ? … Défoncent, arrachent, scient Portes et fenêtres pour extirper De cette fournaise l’amas de corps Calcinés, carbonisés. lacérés de Asafa, Abou, Moussa, Dada et Aïcha … Pendant ce temps… L ‘élection de Miss Gabon De Miss Malaïka et autres Nourrissent les esprits.
C’est dire le niveau d’engagement at teint par la poésie gabonaise dans
l’ex pression du vécu quotidien des popu lations. Car si la poésie est
cette at tention, cette précaution accordée au langage, elle n’en
demeure pas moins fille de la société. C’est en cela que, comme le
philosophe, le poète, le romancier, le dramaturge, bref l’écrivain en
général peut s’attacher à modeler son monde, à influencer favorablement
la société, notamment la jeunesse au regard de son versant éducatif, à
conseiller objectivement les Princes, grâce à son pouvoir d’introduction
dans les consciences et de sensibilisation des intelligences.
Toutefois, il reste des écueils :
– D’abord la question de son décryptage dans une Afrique globalement
analphabète, sachant que la langue de communication demeure le français.
Ecrire en langues nationales devient donc une nécessité ;
– Ensuite la capacité d’exportation, car le monde se totalise et notre
poésie a besoin de repousser de plus en plus les frontières nationales.
Ici se formule le problème de l’universalité ou de l’africanité des
thèmes abordés dans nos textes poétiques ;
– Enfin il y a le coût à la fois de fabrication et de vente des
ouvrages poétiques. Genre élitiste à l’origine, la poésie a besoin
aujourd’hui de parler pour une meilleure intelligence de ses
subtilités. Il y a donc lieu de développer des associations, des
réseaux, afin d’intéresser les jeunes générations à ce genre littéraire
en perte d’intérêt. C’est finalement la question de survie de la poésie
africaine, notre âme. C’est la préservation de notre identité, de notre
africanité, jusque dans l’écriture même de nos textes. Cette vigilance
est fondamentale car même en utilisant les mots de France, nous pouvons
traduire nos préoccupations de manière africaine. Léon Laleau nous met
en garde à ce sujet : D’Europe, sentez-vous cette souffrance Et ce désespoir à nul autre égal D’apprivoiser avec les mots de France Ce cur qui m’est venu du Sénégal ?
Cf. Trahison.vv
L'alimentation de nos parents les enfants de mam Kenguè. La
base alimentaire des Nzèbi se compose du manioc et ses feuilles ( pita
na mayagha ), des turbercules ( bigwongo ), de deux variétés d’arachides
( pénda ), de trois variétés d’ignames bambala), des tomates ( batomate
), de trois ou quatre variétés de piments ( bandungu) , des courges(
nzac ), des citrouilles ( maléngè ), du tabac ( iwole sha makayi ), de
deux variétés de taros et feuilles ( batsanga na yidoc ),
de quatre variétés de bananes ( matoto na makoe ), du maïs ( ba putu ),
de la canne à sucre ( misungu ), des aubergines ( mbongol o), de
l’oseille( bukulu) , du gombo ( mibodi) , et les calebasses ( matsoba) .
Certaines plantes ainsi inventoriées ne sont cultivées ni au même
moment, ni au même endroit, encore moins par tous les membres, hommes et
femmes, d’un groupe de parenté donné. Ces plantes ne sont donc pas
cultivées ensembles, aussi y a - t - il successivement une année à
courges et une année à aubergines, par exemple. Pour reprendre les
propos de Suzanne, les calebasses n e sont plantées que l’année de
courges et les tomates, l’année des aubergines ainsi que le tabac.
Une
bonne nouvelle au Gabon, l'Association des cuisiniers du pays (ACG) a
remporté récemment en Afrique du Sud le « Trophée Nelson Mandela pour la
cuisine panafricaine ». Dix pays ont participé à cette compétition
co-organisée par l'Union africaine. Et le Gabon a remporté le premier
prix, suivi du Zimbabwe et de l'Afrique du Sud.
Depuis qu'ils sont rentrés d'Afrique du Sud, les membres de
l’Association des cuisiniers du Gabon sont sur un petit nuage. Ils
enchaînent les passages sur les plateaux de télévision pour annoncer la
bonne nouvelle au Gabonais.
« On a mené ce vert-jaune-bleu jusqu’au bout. Et c’est la
victoire de tout le Gabon. On est en train de rentrer dans une grande
histoire de la cuisine gabonaise », estime Claude Livia Ntsame Mba, membre de l'écurie gagnante.
Ces Panthères, version cuisine, ont puisé dans la pure tradition
culinaire de cinq des neuf provinces du Gabon pour concocter le menu qui
a envouté le jury. Merlin Ella, le chef, dévoile un petit coin de ce
menu : « En entrée, déjà, nous sommes partis sur une base de
chenilles. On a aussi harmonisé ça avec de la patate douce et des
graines de courge. Il fallait commencer par une soupe. Donc, vu que le
Gabon est connu mondialement pour son bouillon, on a fait un bouillon de
poisson avec la sardine, de l’oseille, de la tomate. C’était vraiment
bien fait, en fait. Ensuite, pour le plat principal, on mange souvent
des feuilles de manioc avec du poisson, c’est ce plat-là qu’on a
vraiment travaillé astronomiquement à la manière des chefs. Et comme
dessert, nous sommes partis sur une base de fruits sauvages que l’on
trouve ici chez nous. On a travaillé ça avec une panna cotta. Les gars
ont apprécié et c’était bon. C’était parfait ».
Créée en 2014, l'Association des cuisiniers du Gabon veut devenir
l'ambassadrice de la cuisine gabonaise très mal connue dans le monde.
**Inceste :
Le retour du parrain (Rodrigue Ndong)
Ma mère se cachait pour pleurer (Peter Stephen Assaghle)
Akomenga (André Zoula)
**La préservation de l'environnement, de la forêt
Mambangou (B. Kassa Mihindou)
Le voyage d'Aurore (Nadia Origo)
**Amour, sensualité, érotisme
Kimia (Jannys Kombila)
Ce doux doux vertige (Lilly Rose Agnouret)
Les choses de mon corps, la vie d'Alesia Jade Ossey (Lilly Rose Agnouret)
**Homosexualité
Tino Nimeyer (Rodrigue Ndong)
La chute du Padouk (Elie Elisabethe)
Fureurs et cris de femmes (Angèle Rawiri)
La rosée de Sodome (Eléonore Elo'o)
**Les pratiques occultes, sectaires, sorcelleries, appât du gain
Dans les yeux de Kimia (Mady Remanda)
Le signe de la source (Okoumba Nkoghe)
La richesse à tout prix (Chanie Ludenne Lasségue)
Le bal des initiés (Nadia Origo)
Confessions d'une veuves noire (Elie Elisabethe)
Une âme aux enchères (Mutse-Destinée Mboga)
**Prostitution
Femme libérée, battue (Sylvie Ntsame)
Moi Ntsame fille des mapanes (Sona Nkoro-Nguema)
Les matinées sombres (Narcisse Eyi Menié)
**Adolescence/ jeune adulte
Ma mère se cachait pour pleurer (Peter Stephen Assaghle)
Garde le sourire (Edna Merey-Apinda)
Les mangeuses de Meroux (Sonia Geran)
Wa Yona (Gabriella Ogoula)
Dans les yeux de Kimia (Mady Rémanda)
**La vie de femme, déboires de femmes
Fureurs et cris de femme (Angèle Rawiri)
Les veuves (Hallnaut Engouang)
Afèp (Honorine Ngou)
Frasques (Miryl Eteno)
L'héritière du jaspe (Peggy Auleley)
Essola (Alban Désiré Afène)
N'Etre (Charline Effah)
Les lyres de l'Ogooué (Collectif)
Le plus beau des noms (Collectif)
Mon mari, mon salaud (Honorine Ngou)
Elle est belle la vie ! (Lilly Rose Agnouret)
Dieu m'a t-il abandonné ? (Nicole P. Nguegou)
**Alcoolisme
La nuit sera longue (Edna Merey-Apinda)
**Le monde des enfants
Des contes pour la lune (Edna Merey-Apinda)
Ella-Béa (Alice Endamne)
Premières lectures (Justine Mintsa )
Les aventure d'Imya, petite fille du Gabon (Edna Merey-Apinda)
Les doux murmures de mon enfance (Miry Nadia ETENO)
Super Ashley sauve les fourmis (Alice Endamne)
Elle est comme ça Eyala Mba (Alice Endamne)
**Le veuvage
Le supplice d'une veuve (Sylvain Nzamba)
Histoire d'Awu (Justine Mintsa)
**Maladie, SIDA
Le cancer de Marie (Martial Nzoumba)
Chambre 117 (Pulchérie Abème-Nkoghé)
Sidonie (Chantal Magali Mbazoo)
Madame amour-Sida (Léa Isabelle Ozoumey)
**Mémoires et crises politiques, sociales, crimes rituels,
Carrefour des jeunes (Elie Elisabethe)
Le roi-dieu coupé (Odome Angone)
En été, le nouveau (Brice Levy Koumba)
**Intrigue judiciaire, Polar
Peau de balle (Janis Otsiémi)
La bouche qui mange ne parle pas (Janis Otsiémi)
La vie est un sale boulot (Janis Otsiémi)
Les voleurs de sexes. (Janis Otsiémi)
Il en va ainsi depuis Matthieu l’évangéliste (Rodrigue Ndong)
Mal acquise (Alice Endamne)
***Romance
Mon amour, ma destinée en toi (Mady Rémanda)
Vaudace (Leila Marmelade)
Une nuit à Cape Town (Lilly Rose Agnouret)
Eding (Owali Anstia)
source: Isis Mabiala
Intrigue judiciaire/Polar: Tango au cap Estérias (Auguste Tenor); Le veuvage: Les Matinées sombres; Inceste: Opumbi (Jean Divassa) Maladie, Sida: Féminin interdit Romance: Un étrange week-end à Genève (Eric-Joël Bekale) Mémoire, ...: Grand écart E.J. Bekale); La courbe du soleil (O. Nkogue); Le dernier voyage du roi (Peter Ndembi); Pratiques occultes : Voie sacré
À examiner la situation il y a seulement trente ans1, il faut bien admettre que la créativité musicale connaît un recul dramatique au Gabon. Inexistante à l’école, elle est réduite dans le contexte familial à la « consommation » de la radio, du magnétophone, de la télé, etc. À l’organologie traditionnelle variée et indivise (xylophone, harpe, sanza, etc.), se sont substitués les instruments importés, véhicules d’une tout autre logique sociale (piano, violon, saxophone, etc.)2. On assiste ainsi à l’émergence d’un élitisme et d’une privatisation qui tranchent avec la vision communautaire de nos sociétés rurales3. Comment remédier à cette dérive, autrement qu’en faisant appel aux mécanismes internes qui naguère garantissaient la vitalité de la musique traditionnelle ? Ils participeraient alors de cette « évolution » propre, de ce développement autocentré dont l’Afrique réclame de longtemps le modèle. C’est dans ce cadre, qu’à la suite de plusieurs observateurs, nous avons choisi d’isoler les concepts de potentialité et de polyvalence4. Ces deux concepts nous ont semblé non seulement à même d’expliciter le fonctionnement de la musique traditionnelle, mais aussi de prouver son adaptabilité à l’environnement contemporain, pluriethnique et multiculturel. Ils peuvent donc être à la base d’une réflexion sur les raisons et les moyens de concevoir une politique de la musique qui soit à la fois accessible à tous et garante de notre originalité culturelle.
2Face à la problématique complexe que représente le développement en Afrique aujourd’hui, que les catalyseurs soient « des institutions ou des acteurs extérieurs [au] milieu » (Olivier de Sardan 1995 : 7), ou qu’ils relèvent de ce « quelque chose dont il faut chercher la réalité dans les populations concernées » (ibid.), il devrait être un préalable admis par tous que le milieu à développer porte en lui-même les germes de la société à accomplir. Concernant la mise en place d’une politique nationale de la musique au Gabon, il importe dès lors de se référer aux savoirs et principes dont nos sociétés actuelles sont les héritières. Dans ce sens, deux concepts nous ont semblé se détacher et constituer par leurs interrelations le foyer par excellence de créativité et de renouvellement de la musique traditionnelle. Ce sont la polyvalence et la potentialité. Nous devons donc les examiner et les approfondir, de façon à les convertir aux besoins d’une nation moderne, forte de ses divers patrimoines mais ouverte au dialogue des cultures.
Il ya lieu de se poser cette question quand on voit les resultats de l'afrique de l'ouest. L'afrique de l'ouest envisage memes de battre les pays de la zone australe.
Maigre bilan pour la Cemac
Publié le 18 avril 2012 à 02h38
Source - Jeune Afrique Air Cemac, passeport unique, fusion des Bourses... La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale semble avoir fait sienne la fameuse devise "Il est urgent de ne rien faire".
Douala, Yaoundé, Libreville... Empêché, depuis le 23 mars, de rejoindre son bureau au siège de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), à Bangui, Antoine Ntsimi est un président nomade. Et c’est entre le Cameroun, son pays d’origine, et le Gabon qu’il s’est replié depuis que François Bozizé, le chef de l’État centrafricain, lui a interdit de poser le pied à Bangui.
En fonction depuis mai 2007 et candidat à sa propre succession, Antoine Ntsimi achève donc son mandat de cinq ans dans la confusion. Joint par Jeune Afrique, il a refusé de « commenter des décisions de chefs d’État ». Dans son entourage, on indique que « l’institution est dans l’impasse » et que « c’est une crise gravissime ».
La Cemac n’avait pas besoin de cela. Les grands chantiers annoncés lors du sommet des chefs d’État à Bangui en janvier 2010 n’ont guère avancé. La compagnie régionale Air Cemac devait décoller avant l’été 2010, avec l’appui technique de South African Airways (SAA). Depuis ? Des artisans s’affairent à l’aménagement intérieur du siège d’Air Cemac, à Brazzaville, mais toujours pas d’avions en vue. Le 19 février dernier, les six États de l’organisation régionale et SAA ont même officialisé, via un communiqué, leur rupture : le géant sud-africain souhaitait en effet qu’Air Cemac s’installe à Douala, où le trafic aérien est plus dense. Le choix de Brazzaville, en 2010, l’a braqué et il a jeté l’éponge. « Une solution alternative [à SAA] est en négociation », affirme Jean-Marie Maguena, le vice-président de la Cemac en charge du dossier.
Dans l’entourage du président, on reconnaît volontiers que la crise est gravissime.
Autre projet vieux de dix ans : le passeport unique. Il devait être progressivement adopté à partir du 1er avril 2010. Mais ce n’est qu’en juillet 2011 que les derniers détails ont été arrêtés (armoiries, codes couleurs, passeports diplomatiques...), et des spécimens seraient prêts au Cameroun, au Gabon et en Guinée équatoriale uniquement.
Cale sèche aussi pour le rapprochement des Bourses de Libreville et de Douala, qui devait être effectif début 2011... Pour faire avancer le dossier, l’arbitrage de la Banque africaine de développement (BAD), qui a déjà débloqué 1 milliard de F CFA (1,5 million d’euros), a été requis. Enfin, le programme « Cemac 2025 : vers une économie régionale intégrée et émergente », présenté à Bangui, peine à... émerger. Ce n’est que dans deux mois que sera organisée sous la houlette de la Banque mondiale une table ronde avec les bailleurs de fonds pour trouver les 20 000 milliards de F CFA à mobiliser d’ici à 2025.
Les problemes de l'Afrique central absence de priorités,de serieux et taux élevés de corruption. Les peuples de la foret sont generalenmment moins discipline , moins travailleur que les peuples de la savane qui doivent se batter tous les jours pour survivre.
Walk
the winding route from Libreville to the beach of Cap Esterias, where
the rocks abound with sea urchins, oysters and lobsters: on the way,
pass through a forest of giant trees. This is a good place to swim.
2: M'Bigou
The villages of M'Bigou and Eteke are famous for their local crafts and gold mines and are well worth a visit.
3: Cathedral of St Michael
The
Cathedral of St Michael in Libreville is famous because of its 31
unusual wooden columns which were carved by a blind Gabonese craftsman;
each of the columns depicts a Biblical scene.
4: Loango National Park
This
is a popular tourists spot. It is home to a vast collection of wildlife
in Gabon. Wildlife-admirers commonly get engrossed viewing the huge and
diverse concentration of wild mammals here. The present land mammals
include huge elephants roaming along the sandy beaches and various
species of whales and dolphins in the waters.
5: Lambarene
Visit
Lambarene, the town made famous by Doctor Albert Schweitzer, the
tropical disease specialist & musician. Schweitzer Hospital is open
to visitors as part of it has been made into a museum. A tour on Evaro
Lake can be organised.
6: Reserve de la Lope
A
place where time has stood still. This is what central African looked
like centuries ago. Possibility of seeing the mans closest relatives -
Gorillas, chimpanzees and monkeys. A truly unique place.
7: Libreville
One
of the most posh cities on the African continent, also one of he most
expensive. However a visit would not end in disappointment as they are
plenty of things on offer.
8: L'Eglise St-Michel
This
is a uniquely constructed architectural church with 31 unusual wooden
columns, carved by a blind Gabonese craftsman, each with a biblical
outlook.
9: Mayumba
If
you mention Mayumba to someone who has been there, you're likely to be
met with a dreamy, faraway look. It's no wonder with endless and
uninhabited beaches, whales spouting in the distance, trees full of
magical spirits, and nesting sea turtles on the beach, it's not too far
from eco-traveller heaven.
Mayumba would be Gabon's premier beach resort if it weren't so hard to
get to. Anyone who gets this far, though, will discover deserted
beaches, fishing villages and friendly locals who will offer to take you
on fishing trips or boat tours for a small price. It's a great place to
spend a few lazy days enjoying the sun, the waves, fresh seafood, and
peace and quiet.
10: Cirque de Leconi
While
you are near the border with Congo, you should also check out the
Cirque de Leconi, a beautiful, circular, red rock canyon. The best way
to enjoy the canyon is to rent camping equipment and spend the night.
The view of the canyon in the waning sunlight is unforgettable.
11: Bateke Plateau National Park
Covering
790 square miles in the southeastern part of Gabon, Bateke Plateau
National Park is hard to reach but an amazing site to visit. The ancient
volcanic area is full of elephants, buffalo, lions, gorillas, and other
animals. Take a walk through the park and cross the large bridges that
span the rivers. If you're going to make an excursion to the park, plan
to spend a few days in the area.
12: Cap Esterias
For
a quieter beach experience, you can travel an hour north of Libreville
to the Cap Esterias, a perfect spot for water sports or plain
relaxation. The route to the beach can be a bit confusing, so we
recommend hiring a driver for the day to take you to the Cap Esterias.
13: Reserve de la Lope
The
Reserve de la Lope is Gabon's most accessible and most popular wildlife
reserve, where you're likely to see forest elephants, buffalo and a
variety of primates. Recently the reserve initiated gorilla walks in an
attempt to habituate the gorilla population to the presence of small
groups of humans. Tours by pirogue, jeep and foot are available. The
reserve is a patchwork of rolling hills, savannah and dense rainforest,
and if you're lucky you'll see some of the largest mandrill troupes in
the world.
14: Musee des Arts et Traditions (Libreville)
The
Musee des Arts et Traditions has exhibitions on tribal crafts and
culture, and a great collection of masks. Just as interesting are the
folk-art sculptures on the waterfront across from the Intercontinental
and, a nice walk south along the water, across from the casino.
15: Mont Bouet Market
The
Mont-Bouet market is Libreville's largest, and exploring it makes for a
fun day. Check out the fruit stands early in the morning, and spend the
rest of the day admiring fabrics, jewelry, and other goods. One word of
caution: the market (or marche, as it's called in Gabon) is a favorite
place for pickpockets. Keep your belongings close to you.
16: Presidential Palace
Gawp
at the sheer expenditure that is behind the construction of the
Presidential Palace in Libreville; it was built in the 1970s costing US
Dollar 800 million, and has Italian and Greek marble columns.
17: Go fishing
Go
fishing: popular among European visitors, many of the rivers offer
excellent catches. Equipment can be hired at Port Gentil. Fish abound in
Gabonese rivers and lakes, but the local fishermen can find the largest
variety along the coast and in the numerous lagoons located at the
mouth of the Ogooue.
By Francis Njubi Nesbitt
In May 2000, The Economist magazine declared that Africa was "the hopeless continent." Eleven years later,
in 2011, it referred to Africa as "the hopeful continent." And on October 20, 2012, the magazine stated: "In recent
years investors have been piling into Lagos and Nairobi as if they were Frankfurt and Tokyo of old."
Clearly, gloomy skepticism has given way to glowing optimism about Africa, and for good reason—over the past
10 years, many of the economies within Africa are outpacing economies anywhere else in the world. In fact,
according to the International Monetary Fund's (IMF) World Economic Outlook released in October 2012, 11 of the
world's 20 fastest-growing economies are in Africa, and this booming economic growth has helped create the
fastest-growing middle class in the world.
Of course, the major trends driving this growth—changing policy environments, a growing middle class that
expects equitable social and economic policies, high commodity prices, robust domestic demand, and rapid mass
urbanization—have not affected all countries on the continent equally. Here's a quick look at five economies
that have especially benefited from recent developments, and those that pose some of the best potential for the future.
1. South Africa: The Continent's Largest Economy
Africa's southernmost country has a mature economy with strong industrial, financial, and transportation sectors.
With GDP estimated at $408 billion and per capita income estimated at $11,000 for 2012, the country sits firmly in
the World Bank's Upper-Middle-Income category, along with Brazil and China. In 2010, South Africa joined the BRICS
(Brazil, Russia, India, China and South Africa), an association of top emerging economies distinguished by their
fast growth and burgeoning influence in regional and global matters.
Despite its developed infrastructure and abundant natural resources, South Africa does face challenges in the areas
of governance and inequality. Protests, strikes, and instability have hindered foreign investment in the country.
And compared to Africa's Middle-Income Economies—or MICs, as defined by the World Bank—South Africa's 2.6% economic
growth rate is sluggish. (This has partially been because closer ties to the global economy and substantial exposure
to the Euro zone mean South Africa has been more affected by the global economic slowdown.)
That said, the country is a major regional powerhouse. It has large investments in neighboring countries. And South
African companies—particularly its financial services, retail, fast food, supermarket, service station, and textile
firms—are flooding the continent with consumer goods and services. This has given the country an outsize influence
on the continent, and a firm stake in the success of economies across Africa.
2. Nigeria: A Waking Giant
Nigeria, in West Africa, tops most lists of African countries to watch over the next decade. Traditionally known
as "the sleeping giant of Africa," the country has a huge population of more than 167 million, over 50% of which lives
in urban areas like Lagos and Kano. According to the state-run Nigeria National Petroleum Corporation (NNPC), Nigeria
is Africa's largest oil producer, exporting 2.5 million barrels per day. Economically, it has registered a solid 7%
growth rate for the last decade, and politically, with its second civilian transfer of power in less than a decade,
the country has begun to consolidate its democratic reforms.
In many ways, Nigeria's current status resembles that of Brazil before political and social reforms turned around
its economy in the 1990s. Nigeria may be able to replicate Brazil's success by adopting similar policies, including
investing in infrastructure, reducing poverty and inequality, and reforming institutions.
According to an October 2012 report by Standard Chartered Research, Nigeria's challenge is to replicate its success
in technology (mobile telephony) in the utilities, refining, and agricultural sectors. The report urges Nigeria to move
away from the "system of patronage" that has held the country back for decades. It also calls for greater emphasis on
diversification and long-term planning that will change Nigeria from an "allocation" to a "production" state. The
report states that, "Oil and gas, even given Nigeria's vast resources, are not going to determine development in the future."
Nonetheless, there is a great deal of optimism surrounding Nigeria. The Economist even suggested recently that Nigeria's
economy, messy as it still is, has the potential to overtake South Africa within a few years.
3. Angola: A China-Fueled Surge
Angola is sub-Saharan Africa's third-largest economy after South Africa and Nigeria, with a GDP of $107 billion
and per capita income of $8,200. Since the end of the civil war in 2002, Angola's economy has been growing much faster
than the continent's two powerhouses, and the World Bank recently reclassified it as an Upper-Middle-Income economy.
Unlike South Africa, however, Angola has a young economy that lacks diversification. And the country is still
recovering from that 27-year-long civil war, which devastated its economy and people.
Angola is the continent's second largest exporter of oil. Its economy was expanding at a rate of 15% before the global
recession of 2009. Despite the current contraction, its economy is still expected to expand by 6.8% this year thanks
to the export of oil and diamonds, as well as uranium, iron ore, gold, and copper. (Most of Angola's oil goes to
China; Angola is China's biggest trading partner on the continent.)
Since the end of the war, Angola's civilian government has instituted aggressive economic and social reforms that
are beginning to bear fruit, and it claims to have reduced poverty from 68% to 39% over the last decade. It has also
asserted an infrastructure development program to build thousands of miles of roads and railroads, and hundreds
of bridges and reconstructed airports. Most of these infrastructure projects involve Chinese firms under an
oil-for-infrastructure deal that some criticize as favoring China.
4. Ghana: Africa's Next Economic Star?
Another emerging African "lion" is West Africa's Ghana, which is still classified as a Lower-Middle-Income country
by the World Bank. Its economy grew at 14.3% in 2011, making it one of the fastest-growing economies in the world
(and tops on the African continent), though the World Bank expects its growth to slow to 7.5% for 2012.
Ghana's growth can largely be attributed to increased oil production, although diamond, iron ore, and cocoa
exports also contributed to the bottom line. After decades of mismanagement, Ghana began to turn its economy around
in the early 1990s, when it instituted wide-ranging economic reforms with the support of the IMF and World Bank.
In 2007, oil was discovered, which led to faster economic growth. Today, Ghana has been a stable democracy since
1992, and is considered a model for prudent political and economic reform.
5. Ethiopia: Public Sector Investment
Ethiopia is an example of a non-resource-rich country with an economy that nonetheless grew at an average of 11%
between 2004 and 2011. According to the World Bank, this is based on its government's public sector investments in
agriculture, industrialization, and infrastructure. Government investments in hydropower have made Ethiopia a net
exporter of electricity to neighboring countries such as South Sudan and Djibouti. And with a population of 85 million,
Ethiopia is sub-Saharan Africa's second most populous country, after Nigeria.
With that population expected to reach 100 million by 2020, Ethiopia represents a huge market that is expected to
drive economic integration in the region and growth for its neighbors. In addition, the country has been praised for
making progress in all areas of the Millennium Development Goals (ending poverty, hunger, and disease). The Ethiopian
government estimates that poverty declined from 38.7% in 2004 to 29.6% in 2011. As a result, Ethiopia has laid the
foundations for sustainable growth and even emerging economy status.
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L'accordéon était plus populaire au Gabon que dans les autres pays d'afrique de l'ouest. Il a été introduit au début du vingtième siècle par les marins.
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