Emprunts, hybrides et identité culturelle des jeunes au Gabon  

Le Gabon a, dans l’ensemble, suscité peu de descriptions linguistiques, notament en ce qui concerne l’état du français, langue officielle, et le rôle joué par celui-ci (cf bibliographie de Lafage et Queffélec 1997). Or le pays se caractérise par un contexte de plurilinguisme (langues africaines) et une situation diglossique (langues africaines et français). On peut donc penser que la néologie est particulièrement riche dans le français local. Il nous a donc également paru intéressant d’étudier, dans une première étape, dans quelle mesure le phénomène d’emprunt
pouvait caractériser cette appropriation de la langue importée et traduire, notamment pour les jeunes, une certaine identité culturelle. Pour y parvenir, nous avons analysé trois corpus (presse locale, œuvre littéraire récente et enquête orale) rassemblés par Karine Boucher. Cependant, afin d’éclairer notre démarche, il semble nécessaire tout d’abord d’évoquer succinctement le profil sociolinguistique du pays.

1.1Le profil
- Une hétérogénéité linguistique...La description la plus récente de la situation linguistique
du pays recense unecinquantaine de langues bantou réparties en une douzaine de groupes. Seul lebaka, parlé par les Pygmées, est une langue non bantou (Moussirou-Mouyama,1996 : 604). Si, pour chaque région, une langue semble occuper un rôle véhiculaire
- en général, le parler du groupe démographiquement le plus important (Gaulme1988)
- ce constat ne rend pas compte de «la différence d’importance entre les langues quant au nombre des sujets parlants qui va de plusieurs dizaines de milliers à quelques dizaines, sans qu’aucune ne soit parlée par la majorité de la population»(lacquot 1978: 493-503). En fait, certains groupes ethniques employant des langues apparentées ou des dialectes de la même langue, il peutdonc exister une certaine compréhension. Mais bien souvent ce n’est pas le cas.
Page 2
270
KARINE
BOUCHER
ET SUZANNE
LAFAGF.
1.2 - . ..accrue par une forte immigration...
La richesse du pays a attiré un flux de travailleurs venant de pays voisins et utili-sateurs d’autres langues africaines et non africaines : Congolais, Béninois, Maliens, mais aussi Zaïrois’ (au français marqué de belgicismes), Équato-Guinéens(souvent aussi locuteurs d’espagnol), Camerounais et Nigérians (utilisateurs égalment de pidgin-english)...Or, cet apport représente pratiquement 20% de lapopulation locale (Laumonier 1995 : 10).

1.3 - . ..et le phénomène d’urbanisation
Cette immigrationet l’augmentationde l’exode rural n’ont cessé d’accroître lapopulation urbaine au point qu’un Gabonais sur quatre habite Libreville, la capitale, qui reste de loin la plus grande agglomération du Gabon (362 386 habitants, soit presque 40% de la population globale, selon Laumonier 1995 : 10). Une telle situation entraîne un intense brassage ethnique et linguistique.
Dans un contexte sans langue gabonaise véritablement dominante, le français, langue offt-cielle, s’est imposé comme véhiculaire de l’urbanisation.
1.4 -Le système scolaire
En effet, l’enseignement
(structuré sur le modèle français) se fait à tous les
niveaux en langue française.
Le taux
de fréquentation scolaire (6-14 ans) est de
91,4 % pour les garcons et de 86,7% pour les tïlles (évaluation de 1994, v. Laumo-
nier 1995 : 134), ce qui est tout à fait remarquable pour l’Afrique centrale. Mais
56% des enfants inscrits au premier niveau du primaire n’achévent pas le cycle
(Richard et Léonard 1993 : 115). Et cette déperdition scolaire se poursuit dans le
secondaire. La possession du français est donc fréquemment mal assurée, insuf-
fisamment
marquée par la norme (exogène) du français dit central et
l’apprentissage se continue dans la rue pour bon nombre de jeunes déscolarisés.
C’est pour cerner cet aspect d’une réalité mouvante entre la norme de l’école et
l’usage (endogène) du quotidien urbain que nous avons choisi de collecter trois
corpus dans le domaine du lexique, celui qui, pour une enquête à ses débuts,
peut sembler le plus aisé à rassembler.
2 -LES TROIS CORPUS D’UTILITE
Notre objectif étant de faire une analyse à la fois représentative (c’est-à-dire
prenant en compte une éventuelle variation linguistique à l’intérieur d’un groupe
1. Aujourd’hui
Congolais
de la République
démocratique
du Congo (Kinshasa)
[Note des éditeurs].
Page 3
EMPRUNTS, HYBRIDES ET IDENTITÉ CULTURELLE DESJEUNES AU GABON

social déterminé : les jeunes urbanisés et recherchant une dimension prospec-
tive, puisqu’on peut supposer que le parler et les options de la jeunesse gabo-
naise pourront avoir une influence sur les comportements linguistiques de l’avenir, nous avons dépouillé un corpus de presse, une wtvre littéraire à succès
et une enquête orale.

2.1 -La presse locale:
corpus a partir d’une soixantaine de journaux locaux, un petit lexique d’environ 770 lexies (Boucher 1997) a été collecté. Cet échantillon de presse nous a paru refléter la norme lexicale locale d’un français écrit par des Gabonais pour des Gabonais, relativement proche de l’oralité et lu par bon nombre de jeunes urbanisés. Sur les 770 particularités lexicales gabonaises recensées, 16,8% sont des emprunts d’origines diverses ou des formations hybrides (au sens donné à ce terme par Lafage 1998 : 280-281). Ce relevé est du reste, par ces résultats, similaire à d’autres relevés de même nature effectués antérieurement npar Boutin-Dousset (1990), Maria Avès (1994) et Lafage (ms. 1990-1995).

2.2 - Une meme littéraire récente:
corpus (b) Nous avons choisi un ouvrage d’un jeune auteur, Hubert Freddy Ndong Mbeng, Les Matitis (1992). qui décrit la vie dans les quartiers populaires de Libreville, livre qui a connu un certain succès auprès des jeunes urbanisés. Une note de l’éditeur montre d’ailleurs l’intérêt lexical de ces pages :
«On a respecté, dans le présent ouvrage, des particularitks de syntaxe et de vocabulaire qui relèvent du françai populaire
parlé à Libreville. » (p. 4)
Sur un total de 111 lexies relevées, 21,6% sont des emprunts ou des forma-
tions hybrides.

2.3 - Une enquête orale :
corpus (c)
Karine Boucher a mené, en août 1997, une enquête approfondie auprès d’un échantillon de jeunes Librevillois”. 11 était demandé (entre autres questions) aux enquêtés si le français du Gabon avait des caractéristiques linguistiques spécifiques et, si tel était le cas selon eux, ils étaient invités à illustrer leur opinion par

2. Cette enquête menée en août 1997 avait pour but la mise en rapport entre l’emploi que les jeunes croient faire des langues, leur image des langws et une autoévaluation de leurs compétences en français et dans leur(s) langue(s) ethnique(s). En fait, il s’agissait d’atteindre les représentations plus que les pratiques. 59 jeunes gens ont été interrogés (31 hommes et 28 femmes). Ils avaient entre 15 et 30 ans (avec une moyenne d’âge d’environ 22 ans), habitaient tous Libreville, et en moyenne le niveau de scolarisation était le brevet des collèges.
Page 4
212
KARINE
BOUCHER
ET SUZANNE
LAFAGE
des exemples. 68% des personnes interrogées ont revendiqué pour le français
local une certaine différenciation et ont fourni d’abondants exemples, surtout
lexicaux, dont 35 % sont des emprunts ou des hybrides.Il semble donc que le français du Gabon s’enrichisse d’un certain nombre demots d’origines diverses que nous allons étudier sans toutefois aborder ici, faute de place, le problème des graphies variées que peuvent revêtir ces emprunts, celui de l’intégration
(trés variable au francais). De même, nous nous bornerons à quelques illustrations éclairantes.
X1-
Emprunts à des langues gabonaises
a) Cornus (a)
77‘8 % des emprunts recensés ont été faits à des langues locales :
- au tsogo, comme bwiti [bwiti] (nm.) «rite magico-religieux
d’accès à la connaissance, d’origine tsogo ». Ex. : Le bwiti est devenu une religion avec une«église» et desfidèles. (Misamu, 25.11.1996).
- au fang, comme makaya [makaja] (nm.) «monsieur tout le monde >p. Ex. :
Honte à ceux qui s’y plieront car cet argent n’est pas à eux, il est au peuple des
makaya. (Bûcheron, 12-22.10.1996).
- au pounou, comme yitu [jitu] (n.m.) «espoir ». Ex. : M. Mouketou-Mouketou
se réclame (sic) le yitu des populations du «canton de la plaine trois routes. :
Koumouhari, Loango et Doussiégoussou. (L’Union, 4-5.12.1997).
-à plusieurs des langues locales, comme okoumé
[okume]
(n.m.)
« (Aucoumea klaineana), arbre résineux très répandu et dont le bois est fort
utilisé en ébénisterie et dans la fabrication des contreplaqués».
Ex.: Une
randonnée pédagogique très passionnante surtout pour les enfants qui décou-
vraient en s’émerveillant un okoumé par ci un andokJ par là [...]. (Le Cri du
Pangolin, no 13/14, 1994).
b) Corpus (b)
31,7% des emprunts recensés proviennent des langues locales, essentielle-
ment du fang, langue maternelle de l’auteur:
- du fang, comme bibové (littéralement
nous dormons="" oil=bibovej bar=dancing=""
makayas="" bas=""
mabouela="vin" petit="" mabouela="" toubab="blanc="">>. Ex.: La honte en bandoulière, il commence à raconter n’importe quoi sur les radios internationales, avec la compli
cité agissante et partiale
du petit toubab insignifiant
[...]. (L’Union,
17.121996).

- éwé (langue kwa du Ghana ou du Togo) : akassa [akasa] (n.f.) «aliment constitué d’une pate de farine de maïs fermenté. ». Ex. : (Cette plante) est surtout connue pour ces larges feuilles utilisées traditionnellement pour emballer les aliments [...] comme l’akassa [...]. (Misamu, 01.04.1997).
- mandenkan:
magnan [mana] (nf.) <>) «bidonville ». Ex. : [...] les enfants des familles aisées sont sûrs de se
voir offrir des cadeaux dignes de ce nom, tandis que ceux des familles dému-
nies, des matitis, [...] fabriqueront des jouets artisanaux à laide de boites de
conserves vides [...]. (L’Union, 27.12.1996), (terme présent également dans
les autres corpus).
b) Corpus b
Il comporte 26,3 % d’emprunts à des langues africaines non locales, essentiel-
lement le lingala (cf corpus a), comme matiti parfois péjorativement désigné map’ans. Ex.: [...] Rambo qui est quelque part dans les mapans de Cocotiers l...]. (p. 35) ou à des langues camerounaises, comme bikutsi [bikutsil (nm.) ou makossa [makosa] (nm.) désignant des «rythmes camerounais tradition-nels modernisés ». Ex. : Danser au rythme de la musique zaïroise, les zaïkosa et de la musique camerounaise, le bikutsi et le makossa. (p. 110).

c) Corpus c

12,5 % des emprunts cités relèvent de langues africaines non locales. Ce sont seulement des emprunts au lingala, comme bengala [birgala] (n.m.) « pénis >>, ou au mandenkan, comme go (nf.) [go] «jeune fille, nana ».

3.3 -Emprunts

à des langues non africaines

3.3.1 -On peut trouver des emprunts à diverses langues de colonisation qui ont,
elles-mêmes, véhiculé des termes venus de toute la planète.
a) Cornus a: 12%. Surtout du portugais passé ensuite en espagnol américain,
comme chicote [Jikot] (nf.) «fouet ». Ex. : Qui a dit que pour faire marcher le nègre, il faut la chicote ? (L’Union, 02.04.1997), ou du portugais du Brésil, comme marucuja [marakudga] (nm.) «liane à fruits comestibles ». Ex. : Pour
le maracuja, je venais de débuter la culture [...]. (Misamu, 17.03.1997).

b) Corpus b : 10,5 % des emprunts, comme badame [badam] (du hindi badam)
(nm. ou f.) «amande comestible de Terminalia catappa ». Ex. : Et soudain, on les rencontre habillés de tous leurs haillons et pieds nus en bord de mer, certains en train de casser des badames et d’autres en train de vendre des crabes...
(P. 24).
c) Corpus c : ils sont relativement
rares et ne constituent que 4,1% des lexies citées. 11 s’agit de mots espagnols comme madre [madre] (nf.) «mère ».
Page 7
EMPRUNTS.
HYLIRIDES
ET IDENTITI?
CULTURELLE
DES .JEUNES AU GABON
275
3.3.2 -Mais dans la plupart des corpus, les emprunts à des langues non africaines
les plus présents sont ceux à l’anglais.

a) Corpus a. Dans la presse, les emprunts a l’anglais sont relalivement
rares:
3,7%. Ce sont essentiellement des termes du vocabulaire des sports, comme coach (n.m.) «entraîneur d’une équipe de football ». Ex. : Mais avant le match capital, le coach ne livre jamais ses choix tactiques. (L’Union, 20.01.1992).
b) Corpus b. Les mots anglais sont nettement plus présents (avec 31,7%), mais semblent relever de la langue familiere des jeunes. Par ex. shooze [Juz] (nf.) «chaussure éculce ». Ex. : Pendant que lui, pas du tout à la mode, traînait sa vielle paire de shooze I...]. o>. 35).

c) Corpus c. Les emprunts à l’anglais donnés comme caractéristiques du français
parlé au Gabon par les jeunes sont beaucoup plus abondants (54,2 %) : bread « pain à l’anglaise », reverse « au contraire », shoozemaker «cordonnier », etc.
4
-
HYBRIDES

CULTURLLE
Nous appellerons hybride un mot constitué d’éléments provenant de plusieurslangues différentes (Lafage 1998 : 282). Un tel mot devrait être un excellent indicateur de l’identité culturelle du français régional puisqu’il ne peut pas être réintégré tel quel dans sa langue d’origine comme peut le faire un emprunt mal assimilé à la langue d’accueil. Par ailleurs, compte tenu de l’hétérogénéité du contexte linguistique local, les particularités lexicales hybrides sont au Gabon de diverses origines, mais leur principale caractéristique commune, c’est qu’elles
n’apparaissent pour la plupart que dans le français local. Nous avons ainsi des hybrides naturels constitués par la juxtaposition d’éléments issus de langues différentes, mais réintégrables dans la langue d’origine, et des hybrides artificiels créés dans la langue d’accueil à partir d’éléments étrangers intégrés (cf Lafage 1998 : 282283). Ainsi s’opposeraient l’hybride naturel antilope okwen (français +fang) « (Hylarnus batesi batest], petite antilope forestiere). Ex.: On arrive à
l’antilope okwen, grande comme un toutou de salon, montée sur quatre crayons, toujours en mouvements (Grébert 1928: 36), et l’hybride artificiel attungutier (du mpongwè otanga + suffixe français -ier) (nm.) « (Puthylobus edulis), arbre fruitier de la famille des Bursacées ». Ex. : Le fruit de l’attangatier ressemble à une grosse olive violette. Il se fait cuire et se mange en apéritif salé (Rémy 1977: 114).
L’hybridation
représente 16,3% du corpus a, 20,8% du corpus b et 29,4 % du
corpus c.
Page 8
276
KARINE BOUCHER ET SUZANNE LAFAGE
4.1 - Les hybrides langues africaines + français Ils représentent 81% du corpus a, 40 % du corpus b et 20 % du corpus c. On peut avoir des formes dérivées ou des formes composées. Nous n’avons pas distingué langues locales et langues non locales dans la mesure où l’identification
ethnique de l’origine de la base africaine n’a pas toujours pu être déterminée.

a) Corpus a : Forme dérivée, comme missokiste [misokist] (hybride fang + suffixe
français -iste) (adj,) «relevant d’une société initiatique masculine ». Ex. : Il y a donc nécessité de [...] prendre en compte les franges paiènnes, mvéttistes, missokistes [...]. (Le Progressiste, 01.04.1997), ou forme composée, comme manger l’iboga (verbe français + substantif mpongwè ou autres langues apparentées)
(IOC. verb.) «consommer le suc de Tabernanthe iboga Baillon, qui est censé donner certains pouvoirs extrasensoriels, c’est-à-dire pratiquer le bwiti’O ».
Ex. : Mais,chéri, Mayila mange l’iboga, ce n%st pas pareil avec toi. (La Voix du
Peuple, 20.11.1996), ou comme depuis kala kala (hybride français + lingala)
(adv.) «depuis longtemps ». Ex. : Ça fait depuis kala kala (c’est-à-dire quand
feu papa Léon M’Ba était encore bourgmestre l1 de la ville de Libreville) que je
roule ma bosse dans les marigots de la région, bravant la mouche tsé-tsé’“, les
moustiques, les caïmans”” et les mambas verts“! (L’Union, 15.07.1993).
b) Corpus b: Formes dérivées uniquement,
comme bédoumière [bedumjer] (substantif d’origine encore non identifiée + suflïxe français -ière) (n.f.)
. Sont citées cependant quelques locutions,
9. Muettiste : (adj.) « relevant du mvèt » (CL 3.1.b.).
10. Défini ci-dessus, sous 3.1 8.
11. Bourgmestre: (du franpis de Belgique) (n.m.) a.

4.2 -Les hybrides anglaisfrançais
Il nous a semblé intéressant d’étudier particulièrement le cas de la greffe d’un affixe français sur de l’anglais ou de la juxtaposition d’éléments relevant des deux langues. En effet, si nous n’avons relevé aucun cas d’hybride de ce type dans le corpus a) de presse locale, les occurrences semblent plus nombreuses dans le corpus b) de littérature, et extrêmement fréquentes dans le corpus
c) d’oralité des jeunes. Cela pourrait être significatif.
a) Corpus a : Faible (19 %). On y trouve l’ubiquiste africain boy-cuisinier (anglais colonial + substantif français) (n.m.) «domestique chargé de la cuisine et des soins du ménage ». Ex. : Sénégalais boy-cuisinier cherche emploi. (L’Union,
10.12.1996).
b) Corpus b : 60%. On retrouve des dérivés comme blazer (de to bluze
«flamboyer » + suftixe français -er) (v. in&.) « frimer ». Ex. : Il ira donc la chercher la mauvaise maze’” suspendue à son bras, il viendra blazer à la troisième rue, leur matiti... QX 53) ; schooler (v. intr.) «aller à l’école ». Ex. : Pour plusieurs d’entre eux qui continuent à schooler [...] (p. 43) ; ou des composés, comme $uer les blazes (IOC. verb.) «jouer les frimeurs h. Ex. : Et bien
sûr ce sera également à lui de jouer les mauvaises blazes dans leur matiti... (p. 55).

c) Corpus c: 80%. On retrouve des dérivés comme juzzer (du v. to jazz up «embellir » + suffixe français -er) « mentir, raconter des craques », grooveur (de la locution it’s in the groove « c’est dans le vent » + suftïxe français -eur) (nm.) «noceur, fêtard » ; des composés aussi, comme yes-coiffeur (n.m.) «coiffeur disponible à tout moment (généralement un Ghanéen) », aller dans
le groove (IOC. verb.) « sortir le soir pour faire la fête ».

Mme: (de l’anglais maze « labyrinthe
» ?) (II..) « petik amie ».
KARINE
BOUCHER LT
SUZANNE
LAFAGE

AddThis Social Bookmark Button

1 comments

Post a Comment